Du 09 au 20 mai 2022, la Côte d’Ivoire a abrité la 15ème Conférence des Parties à la Convention des Nations Unies sur la Lutte contre la Désertification (COP15) autour du thème central de la « Restauration des sols arides et des forêts dégradées pour une agriculture du futur ». La COP 15 a réuni 197 pays et environ 5 000 participants.
En marge de la COP 15, le Ministère de l’Environnement et du Développement Durable (MINEDD) à travers le Programme National Changements Climatiques (PNCC) a organisé, du 16 au 19 mai 2022, le Séminaire National sur l’Adaptation aux Changements Climatiques (SENACC) sous le thème « Adaptation aux Changements Climatiques : Entre réflexions scientifiques, politiques publiques et engagement du privé pour des réponses innovantes », à Latrille Event, Cocody- Deux Plateaux, Abidjan, Côte d’Ivoire.
Le SENACC était structuré autour de trois rencontres majeures : Une Conférence Universitaire sous régionale sur la recherche appliquée en matière d’ACC ; un atelier régional sur le financement public et privé de l’ACC et un Forum National sur les Technologies d’ACC.
L’objectif général du SENACC était de promouvoir les solutions en matière d’adaptation aux changements climatiques (ACC) auprès des chercheurs, des universitaires, du secteur public, de discuter des défis et opportunités pour le secteur privé.
Le SENACC, d’intérêt national et régional sur les questions d’Adaptation aux Changements Climatiques est piloté par le « Projet de renforcement de l’intégration de l’adaptation aux changements climatiques dans la planification du développement en Côte d’Ivoire (NAP-GCF) » financé par le Fonds Vert pour le Climat avec l’appui technique et scientifique du programme WASCAL.
Mme Carol Flore-Smereczniak, Représentante Résidente du Programme des Nations Unies pour le Développement (PNUD), a situé le contexte de la participation du PNUD à ce moment de réflexions scientifiques.
Selon elle, le Séminaire National sur l’Adaptation aux Changements Climatiques (SENACC), organisé en marge de la COP 15, est une opportunité pour débattre des questions liées à l’adaptation au changement climatique avec les différents acteurs de tous bords y compris ceux issus du secteur privé et du monde de la recherche. Elle a également rappelé que les engagements pris par les pays pour parvenir à la neutralité en gaz à effet de serre d’ici le milieu du siècle, qui constituaient un bon début, sont encore insuffisants au vu des objectifs climatiques à atteindre. « Ainsi, nous nous approchons dangereusement des points de basculement qui entraîneront des modifications à grande échelle, non linéaires et irréversibles du système climatique. » , a-t-elle relevé.
Face à cette urgence, des stratégies d’adaptation et l’adoption de politiques et stratégies intégrant systématiquement la problématique climat, la production et le partage des données et des connaissances, le développement de capacités technologiques et l’innovation seraient à prescrire d’où l’objet de la tenue de ce séminaire. C’est dans cette perspective que le PNUD s’est engagé à accompagner des expériences et le développement d’outils novateurs de lutte contre les changements climatiques, qui contribueront significativement à une meilleure gestion du risque agricole et au développement d’une agriculture plus durable, plus résiliente et plus inclusive en Côte d’Ivoire.
Dr. KOBEA Arsène au nom du Ministère de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique a souligné que neuf (09) Programmes Nationaux de Recherche sont mis en œuvre dans les instituts et programme de recherches universitaires. Il a insisté sur la nécessité d’impliquer la communauté scientifique dans l’élaboration et dans l’évaluation des politiques, vu la contribution qu’elle peut apporter dans la mise en œuvre des initiatives du PNUD.
Le SENACC a été fortement apprécié par Monsieur Jean-Luc ASSI, Ministre de l’Environnement et du Développement durable. C’est pourquoi il a rappelé que dans sa recherche de sécurité climatique, le Gouvernement ivoirien a signé en 1992, la Convention-Cadre des Nations Unies sur les Changements Climatiques (CCNUCC) à l’occasion du Sommet de la Terre de Rio de Janeiro au Brésil. Il a aussi signé et ratifié l’Accord de Paris respectivement en 2015 et 2016.
En ratifiant cette Convention, et cet Accord, le pays s’est engagé à produire et à soumettre, à la Convention-Cadre des Nations Unies sur les Changements Climatiques ses Contributions Déterminées au niveau National (CDN) et aussi son Plan National d’Adaptation aux Changements Climatiques.
Ce document cadre du Plan National d’Adaptation permettra non seulement de renforcer la résilience des populations vulnérables aux effets néfastes des changements climatiques, mais aussi et surtout de garantir leur sécurité face aux menaces de ces changements.
Des recommandations d’ordre économique
Le SENACC a accouché plusieurs recommandations de plusieurs ordres dont le volet économique.
Les changements climatiques impactant fortement les activités économiques, les séminaristes ont jugé pertinents d’intégrer des modules de la cacaoculture climato-intelligente (CCI) dans les curricula de formation des coopératives cacaoyères en développant aussi des chaines de valeur autour des produits agroforestiers (PAFs). Cette dimension agricole vise notamment à revoir le changement de la méthode d’approche. Inclure les croyances des populations rurales pour amorcer le développement agricole.
L’aspect riziculture a été fortement recommandé.
Il est demandé aux paysans des différentes localités de la moitié sud du bassin de privilégier la riziculture des bas-fonds au détriment de la riziculture de plateau. Les paysans devront nécessairement semer entre le 1er et le 11 avril (premier cycle cultural) s’ils sont dans la zone équatoriale de transition et entre le 1er et le 11 juin s’ils sont dans les autres localités du nord. Il faut prévoir des mécanismes moins polluants et bons marchés pour anticiper sur le manque d’eau pluvial qui survient 4 à 5 ans sur 10 dans la zone équatoriale de transition.